Lorsque sport rime avec générosité

Entretien avec Cedric Ormond, ancien de Florimont qui nous parle de son parcours universitaire et d’un challenge de taille qu’il s’est fixé pour cet été!

Cedric, vous êtes arrivé à Florimont en 12ème et vous avez fait toutes vos études jusqu’à l’obtention du Baccalauréat Français (série S) en 2018. Quelle vie après l’Institut?

Après un été mémorable, j’ai commencé mes études d’ingénierie mécanique au “Imperial College London”. Après les premières semaines dénommées “freshers weeks”, le rythme a drastiquement changé avec une charge de travail considérable (cours, rapports, exercices…) et la nécessité de se mettre à niveau avec des étudiants ayant fait les A-levels et tout cela en anglais !

Quels défis spécifiques avez-vous dû relever en intégrant cette prestigieuse école anglaise et en vivant à l’étranger?

Cela a été une année très très riche à différents niveaux en effet …

Académiquement, le bac français apporte une bonne culture générale puisqu’on aborde plus d’une dizaine de matières alors que les étudiants ayant fait des A levels se concentrent sur 3 et parfois 4 sujets scientifiques qu’ils maitrisent donc parfaitement. Il a fallu se mettre à niveau dans ces branches scientifiques, en parallèle d’un contenu nouveau et d’un rythme intensif.

De plus, j’ai dû apprendre à devenir indépendant dès mon arrivée. Les tâches de la vie quotidienne (courses, repas, ménage …) se sont rajoutées à mon travail et aux exigences universitaires. A cela s’ajoutaient les heures quotidiennes d’entrainement sportif . Très vite j’ai appris à être intransigeant avec mon temps et mon organisation.  J’ai donc beaucoup appris en termes d’optimisation du temps et la légende raconte qu’il m’est arrivé de faire plusieurs tâches ménagères à la fois… combiner vaisselle, brossage de dents et douche J.

Le deuxième trimestre a heureusement été beaucoup plus agréable: les lacunes se comblant petit à petit, et le rythme ayant été acquis. Le troisième trimestre a été réservé aux seuls et uniques examens de l’année.

Avez-vous déjà une idée de carrière après cette première année universitaire?

Les études que j’ai choisies me passionnent et je suis en pleine réflexion quant à mon futur professionnel. Mon grand-père m’a toujours appris à choisir mes actions en fonction de l’impact qu’elles auront sur le bien commun.

Je songe, par exemple, à mettre mes compétences d’ingénieur au profit de projets humanitaires pour des populations de pays en voie de développement. Je sais aussi que j’aimerais avoir un travail, du moins à court terme et tant que je serai sans famille, qui m’envoie aux quatre coins du monde.

D’une manière générale, j’aime bien trouver des solutions à des problèmes et notamment pratiques de type logistique, alors pourquoi pas un métier dans le domaine du management?  A long terme peut être me tourner vers l’enseignement lorsque j’aurai acquis de l’expérience dans le monde professionnel, afin de transmettre ce savoir…

Quoiqu’il en soit, pour l’instant j’essaye de décider quelle ligne directrice je veux donner à ma vie et quel impact je veux avoir.

Quelle est votre stratégie ou du tout moins votre approche pour y arriver?

Je pense que si l’on veut “réussir” – sachant que réussite signifie réussite personnelle par rapport à ses propres objectifs –  il faut déjà savoir où l’on veut arriver. Ensuite, il suffit de se donner véritablement les moyens d’y arriver. Donc, pour moi il faut avoir un mélange d’objectifs dans différents domaines: scolaire, personnel, sportif, etc. Ceux-ci doivent être majoritairement atteignables à court, moyen et long terme ainsi que certains rêves afin de se donner une ligne directrice.  Ainsi, lorsqu’un objectif est atteint, on peut s’attaquer au prochain.

Vous parlez du souhait d’avoir un impact et vous avez déjà un projet à court terme qui est très impactant ! Parlez nous de ce challenge en soutien à Alzheimer Suisse…

Oui, je compte rentrer à Genève depuis Londres en vélo pour aider Alzheimer Suisse, une association qui me tient très à cœur.  Je partirai le 27 juin à 8 heures et vise d’arriver au plus tard le 5 juillet à 3 heures du matin car je pars en vacances avec ma famille quelques heures plus tard! Toutefois, j’espère arriver avant, mais cela dépendra de l’efficacité de mes jambes….

Pourquoi un tel projet ?

Premièrement, je voulais me fixer un challenge sportif personnel de taille pour cet été. Ayant besoin de mon vélo en Italie pour un Ironman 70.3, fin septembre, l’idée m’est venue de le ramener en Suisse afin de m’entraîner durant l’été.

Deuxièmement, ma Grand-Maman  qui était malheureusement atteinte d’Alzheimer est décédée en 2016, après 10 ans de cette maladie. Pendant toute cette période, elle a su garder sa tendresse, son sourire, sa joie de vivre, sa gentillesse, sa générosité et son amour pour les autres et particulièrement pour sa famille. C’est aussi une façon pour moi de lui rendre hommage.

Vous allez donc allier challenge sportif et philantropie!

Oui, j’ai  voulu joindre l’utile à l’agréable en aidant l’association Alzheimer Suisse qui oeuvre pour améliorer les conditions des personnes atteintes de cette maladie et aide leurs familles.

Grâce à cette aventure, je souhaite faire connaître cette association à un plus grand nombre de personnes et aider ceux qui se trouvent dans la situation que ma famille a vécue avec ma grand-maman. Pour finaliser ce projet et récolter des fonds pour l’association j’ai besoin du soutien/sponsoring  d’un maximum de personnes et j’ai donc lancé une récolte en ligne.

Comment se déroulera votre fundraising?

C’est très simple. Il suffit d’aller sur ce lien où les donateurs pourront me sponsoriser soit par kilomètres parcourus soit en versant un montant fixe pour le voyage.

L’itinéraire variera entre 900 et 1500 km, dépendant de mes capacités d’orientation…

S’ils le désirent, ils pourront ajouter une distance limite journalière et pour chaque kilomètre parcouru au-dessus de celle-ci, une petite prime sera versée, par kilomètre, ou sous forme de montant fixe au choix. Des challenges pourront aussi m’être soumis!

A la fin de mon périple, un mail sera envoyé à tous les donateurs, avec les détails de mon voyage (nombre de kilomètres, etc) et donc le montant qu’ils se seront engagés à donner. Ils pourront alors procéder à la donation.

Suivez-vous un entraînement particulier pour cette aventure?

Pas spécifiquement pour cette aventure, mais il est vrai que je m’entraîne régulièrement. En effet, j’ai rejoint la “society” de triathlon de l’Imperial College.

Une semaine typique comprend 2 à 3 entraînements de natation, 2 à 3 entraînements de vélo, 2 à 3 entraînements de course à pied et 2 entraînements de renforcement musculaire, soit entre 10 et 15 heures de sport par semaine.Malheureusement, une blessure en course à pied m’a contraint à réduire les heures d’entraînement dans cette discipline.

Pourra-t-on suivre votre périple sur les réseaux sociaux?

Bien sûr!!! Il y a déjà des infos sur la page facebook d’Alzheimer Suisse et je tâcherai d’établir des comptes rendus journaliers qui seront ensuite postés sur leur page.

Je vais aussi tâcher de réaliser un compte-rendu après mon voyage avec tout mes commentaires, photos etc, que je pourrai envoyer aux participants.

En attendant de suivre votre voyage, on aimerait que vous partagiez quelques souvenirs avec la communauté florimontaine…

Il y en a tellement!

Le pire?

Les DST à la première heure du lundi matin.

Le meilleur ?

Ils sont nombreux : les journées de ski, les repas du midi, surtout en terminale, les relations avec les enseignants, le TPE (travaux personnels encadrés) en Première. Le TPE

portait sur un sujet qui m’a vraiment passionné, “Comment la biomimétique permet-elle d’améliorer les performances de nos avions de lignes?” et dans ce contexte, la fabrication de A à Z d’une expérience pour contrôler certains paramètres de vol. Il y a des sujets comme ça qui marquent!!!

Avant de se quitter, avez vous un message à l’attention des élèves de Flo?

Ne cherchez pas la facilité et mettez-vous la barre haute, vraiment. Cherchez la difficulté pour vous dépasser. Demandez-vous qui vous voulez être et soyez cette personne, pas une autre!…

Une journée comprend de nombreuses heures  alors organisez-vous et sachez en faire bon usage pour vos études, mais également pour vos activités extra-scolaires.

Et à leurs familles?

Je ne sais pas si je suis la personne la plus adaptée pour transmettre un message aux parents vu mon jeune âge, mais je dirais qu’encourager ses enfants à s’orienter dans un domaine qui les intéresse et leur plaît à bien fonctionné pour moi …

En tout cas, à l’APEF on a un message : respect, bravo et on vous attend à l’arrivée  à Genève !